Pour le trottoir ruisselant, pour les cigarettes en chocolat, pour l'audace et le courage, pour ce plaisir qui nous dépace, pour les mélodies du bonheur, pour mes blessures assassines et ma fureur de vivre, pour un café, pour les jeux interdits, pour les odeurs adorées, pour la mer car elle est gratuite et pour certains soirs de cuite, pour la pâte à modeler, pour les hommes dans les faubourgs, pour le temps qui jaunit, pour se perdre dans les matins de fer, pour avoir toujours raison, pour les idées sans mot, pour l'herbe en friche, pour les vieux murs sous les affiches, pour une peinture sans auteur, pour un coeur capricieux, un poil vaniteux, pour ces deux bras tordus au lieu d'être tendus, pour les congés payés, pour une amitié coupée à moitié au silence, pour l'histoire du petit poisson qui était parti un soir avec son baluchon, pour toutes ces nouvelles vies et pour celle du petit poisson déchiqueté par les hélices du Rainbow Warrior, pour les fois ou on se jette à l'eau, pour ceux qui passent leur vie à bosser pour pas un rond, pour la petite vieille du rez de chaussée et son petit chien méchant, pour donner des coups de balai au plafond, pour commander des pizzas, pour la grosse trop maquillée qui aime pas comment je m'habille et pour Marie-Claude qui fouille dans les poubelles, pour les moments où je fais n'importe quoi, pour ceux qui on pris le sens interdit, pour ceux qui font tourner leur copine à leur copain, comme un joint, pour ceux qui rentre dans les églises à coup de hache, pour ceux qui n'ont rien besoin de se dire et quand ils se comprennent, c'est souvent par hasard, pour tout ceux qui ont une ex hotesse de l'air, pour ceux qui jouent les hétéros, pour la pate à ballon, pour l'amour et le cul qui s'en vont par paire sur un petit chemin de terre, pour les 45 tours grésillants sous l'aiguille du gramophone, pour tous les sex-symbol, pour cet univers merveilleux plein d'images en couleurs, pour moi, qui ai vendu mon ame en promo, pour ceux qui choure de la vodka face aux caméras, pour s'entrainer à sourire comme Julien Lepers, pour la notion du temps, pour qu'on aille au ciel par milliards et pour se réincarner en code barre, pour le bonhomme chevalier, cowboy et justicier, pour l'ignorence et les doses d'ennuis, pour le pile ou le face, pour Dieu qui joue à la belote avec Jesus, Boudha et Allah, pour ceux qui tape dans le tas, pour le mal et le vice, pour les hommes, qui dans les bars, ont trop bu, pour les clodos qui sont mes amis, pour les histoires d'amour mal déssinées, pour celle qui pleure toute seule, tout le temps, pour la boite à bijoux musicale, pour la justice avec des saucisses, pour ceux qui passent leur bac, pour Hector l'escargot, pour les mongolifières qui n'ont ni père, ni mère car personne n'a jamais vu une mongolfière avec un père et une mère, pour tous les gros et les anorexiques, pour jouer à l'élastique les soirs d'été, pour les rayures, les pois et les bariolages, pour les noeuds dans les cheveux et les noeuds sans cheveux, pour tous les fantasmes, pour rouler en voiture et pour faire du vélo la nuit, pour les colonies de fourmies et la démocratie, pour cultiver la fainéantise et butiner à la paresse collective, pour les espèces néfastes, pour ce qui est déconseillé aux femmes enceintes et aux personnes agées, pour les anciens fumeurs de crack, pour le légume le plus célèbre de l'histoire, pour se faire la guerre au lance pierre, pour les comas idylliques, pour boire la mer à la paille comme si c'était du rhum, pour ceux que je trouve beaux quand ils ne me regardent pas, pour la bulle atmosphérique qui éclate, pour un verre de trop, pour retirer tout ce qui est de trop, pour que le diable nous emporte, pour le cul entre deux chaises qui n'a jamais mis personne à l'aise, pour se noyer à trop plonger dans ses pensées, pour voir les gens même quand je ferme mes yeux, pour le ventre plein de glaces à la vanille, pour l'occasion d'engueuler un con, pour les vieux qui comptent les passants, pour les deux derniers raviolis qui peuplent ton assiette et qui te regardent ravis, pour croire en soi parfois, pour les désirs faits pour deux, pour ne pas couper les ponts, juste s'en éloigner pour que les gens puissent traverser, pour avoir les mots qui filent des frissons dans le dos, pour l'élection des délégués de classe, pour les drôles d'accents et les expressions étranges, pour les hormones en ébullition, pour les gens qui rougissent pour trois fois rien, pour un Caliméro sans coquille, pour les saintes nitouches, pour être sur un nuage à roulettes, pour écrire son prénom dans la buée, pour tomber du ciel, pour une vie sous cellophane, les sentiments lights, les émotions à zéro pour cent, les quignons de peine et les trogons d'extase, pour un diabolo menthe, pour la convoitise opiniatre d'une bouffée salutaire, pour tordre des clous et macher des trombones, pour craquer l'allumette et se tuer du poumon gauche, pour etre hypocondriaque, malade imaginaire, pour la bierre au sirop, pour les bulles de savon qui vous lavent de l'intérieur, pour la morale et pour la dame aux Camel Ligths qui jette du bout des lèvres des ronds, pour les têtes en l'air, pour les genoux au mercurochrome, pour les monstres imaginaires qui se dessinent dans les cumulus et pour l'age de raison :
Tant pis